Propos tenus par...
Michel Tournon
formateur TICE, Hauts-de-Seine,
chargé de communication de l'AFT-RN

La boîte de pandore

Si on limite l'utilisation des Tice à la prise en main des matériels et des logiciels, on a une vue réductrice de l'informatique à l'école.

Certes, cette représentation est celle que l'institution aime à donner au grand public, composé en partie de parents d'élèves, assortie d'une rubrique comptable, précisant le nombre de machines reliées à Internet dans toutes les écoles de France.

Il est vrai que lorsque l'on parle d'ordinateurs, quel que soit le milieu professionnel, c'est en terme technique, le plus souvent pour tenter de résoudre un problème qui empêche le bon fonctionnement de la machine.

En dehors de l'école, la question " Que vais-je faire avec cet appareil ? " ne se pose pas ; par définition, l'ordinateur a été acquis pour faciliter une tâche donnée : écrire, gérer un stock, communiquer, dessiner etc.

Cette même question n'est toutefois pas incongrue à l'école primaire. La présence de l'outil devance fréquemment la réflexion concernant l'usage qu'on en fera, même pour les logiciels clé en main du type EAO.

Il suffit cependant de circuler dans les établissements du premier degré pour s'apercevoir que généralement ce questionnement n'a pas eu lieu à l'échelle de l'équipe enseignante.

Pour être honnête, rappelons que le plan IPT avait montré la voie : installation en fanfare de Nanoréseau sans projet pédagogique précis.

Si l'on sait observer au-delà des apparences, on s'aperçoit que la présence de ces drôles de machines sont un formidable révélateur des pratiques pédagogiques en vigueur dans nos écoles. La réalisation d'un journal scolaire est une activité fédératrice. On connaît cependant les difficultés d'une telle entreprise, révélant implicitement l'absence d'équipe d'enseignants.

L'ordinateur, outil de différenciation, est trop souvent utilisé en batterie, tous les enfants pratiquant la même activité simultanément.

L'ordinateur sert à écrire, communiquer… D'accord, mais si ce besoin d'écrire, de communiquer n'existait pas dans la classe avant l'installation des machines, on peut légitimement penser que ce n'est pas la présence de l'outil qui suscitera les vocations.

Et le formateur Tice, dans tout ça ?
Il essaie souvent de naviguer entre les demandes concrètes du terrain, essentiellement techniques, et les applications pédagogiques qu'il souhaiterait développer auprès de ses collègues.

Manque de chance, il est communément admis que l'enseignant en cette occurrence est le seul maître à bord dans sa classe et que de toutes les manières, celui qui est chargé de l'aider n'est pas IEN, ni CPC, ni IMF…

Et pourtant, les formateurs Tice ont acquis une expérience et des compétences irremplaçables, remontant pour certains à une vingtaine d'années, qui va largement au-delà d'un titre ou d'un diplôme.

Le chantier de l'informatique est ouvert en permanence : tout reste à inventer en matière d'informatique scolaire et le formateur Tice en est une pièce maîtresse.

Gageons que l'Administration saura reconnaître ses compétences et donc son identité en lui facilitant la tâche par la redéfinition des missions, en l'équipant d'un ordinateur portable, et en lui remboursant ses frais de déplacements, par exemple…

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