Paroles de formateur, épisode 1

samedi 7 décembre 2019
par  Christian Stracka
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Le numérique dans les écoles...dans certaines c’est une chimère, dans d’autres c’est l’Arlésienne, heureusement parfois c’est une réalité. Dans ma circonscription, certaines municipalités investissent massivement en équipements numériques pour leurs écoles (VPI, tablettes, bornes wifi...) mais parfois, dans certaines communes, c’est le néant total. Comment faire quoi que ce soit avec un pc vieux de 17 ans. Que répondre à un maire qui dit qu’il n’investira pas dans l’école...parce que ça rapporte moins que le PMU.

Le 1er maillon de l’équipement numérique est bien l’équipe municipale en place. Et là, on est 100% inégaux. Si le maire souhaite équiper l’école, tant mieux, sinon tant pis. La fracture numérique existe bien dans la société comme le disait le président Chirac mais elle existe aussi dans les écoles.

Si par chance nous passons le premier filtre de lamunicipalité, il faut ensuite que l’équipe pédagogique s’approprie ce nouvel équipement. Certaines sont volontaires, d’autres moins. Attention, je ne jette la pierre à personne. Je comprends tout à fait quand on me répond que la formation vidéo-projecteur interactif, on veut bien la faire mais là j’ai des dossiers MDPH à remplir, des ppre à faire, des parents à recevoir, après j’ai apc et mes cahiers à corriger...le manque de temps pour suivre une formation est donc le second frein à l’expansion du numérique dans les écoles.

Enfin, 3ème et dernier point de faiblesse : la rémunération des ERUN. Et oui, pas facile de concevoir des plans de formation pluriannuels quand les erun du département se succèdent. Pourquoi ? Par manque de reconnaissance financière. Au bout d’un an, certains retournent sur un poste de direction, d’autres vont en REP+, parce que ERUN ça ne rapporte rien. Tout juste autant qu’un adjoint mais on n’oublie pas de nous en demander de plus en plus en disponibilité, traitement des résultats des évaluations CP/CE1, formations et animations pédagogiques, suivi des appels à projet...stop, la coupe est pleine, contrairement à mon portefeuille.

Mais ne restons pas pessimisme, pour résoudre cette situation, il suffit d’une seule chose...une seule petite chose : de la volonté. Mais attention, pas n’importe laquelle, de la volonté politique.

Cette volonté politique qui viendrait des municipalités pour équiper les écoles, cette volonté qui viendrait du ministère de l’éducation nationale et qui donnerait du temps aux enseignants, un temps officiel (et pas celui des 108 heures qui en fait déjà 572) reconnu par l’institution. Un temps de formation hors des 18 heures de maths et de français qui répondrait à l’attente des enseignants quant à la maitrise des outils numériques. Et enfin, une volonté politique qui stabiliserait les équipes en attribuant aux ERUN la même prime que les CPC...tout simplement parce qu’ils font le même boulot.


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